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Decryptage » Femmes russes et d'Europe de l'Est

La femme russe, muse des artistes de génie

La liste des femmes russes devenues les muses, les épouses ou les compagnes d'un grand nombre d'illustres représentants de l'art occidental est impressionnante.

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La liste des femmes russes devenues les muses, les épouses ou les compagnes d’un grand nombre d’illustres représentants de l’art occidental est impressionnante: Gala Dali, Nadia Léger, Olga Khokhlova, qui fut l’épouse de Pablo Picasso qui lui a donné son premier fils, Lidia Delektorskaia, modèle d’Henri Matisse et sa muse 22 ans durant … Il convient d’y ajouter un nom nouveau presque inconnu: Olga Smirnitskaia.

Le livre de Thomas Veigner, musicologue viennois, intitulé “Johann Strauss – Olga Smirnitskaia: 100 lettres d’amour” a été publié en russe.

Leur amour est une des passions les plus tristes et les plus fatales du 20e siècle. Le célèbre compositeur et chef d’orchestre s’est souvent rendu en Russie. Favori du public, idole des femmes, bourreau des coeurs, enfant chéri des dieux, il craignait toujours d’éprouver des sentiments sérieux et il avait encore plus peur de se retrouver emprisonné dans les rets d’un nouveau mariage. Ce qui ne l’a pas empêché de tomber amoureux d’une jeune fille, comme un collégien. Olga était l’antipode de la bohème: modeste, charmante, issue d’une famille respectable, fille docile de parents sévères, elle inspire l’amour à l’un des hommes les plus séduisants d’Europe.

Johann Strauss l’aimait éperdument. “J’embrasse sans cesse tes cheveux (Olga lui avait donné une boucle de ses cheveux), je ne veux pas dormir pour ne pas perdre de temps”, écrit le compositeur dans une lettre. Mais la famille d’Olga craignait que leur fille n’épouse un Don Juan.

Olga composait aussi et Johann Strauss a interprété ses oeuvres en concert. Elle avait un talent peu ordinaire.

Mais leur amour s’est heurté à de graves circonstances. Les Strauss ont pris en grippe dès le début leur belle-fille éventuelle, ils entretenaient en permanence chez Johann Strauss sa crainte du mariage. De plus, les parents de la jeune fille ne croyaient pas au sérieux des intentions d’une telle célébrité.

Olga s’est résignée. Elle ne savait pas lutter pour son bonheur.

Quittant Saint-Pétersbourg, Johann Strauss a sombré dans le désespoir.

“A bord du navire, les passagers me regardent comme un fou, je les fais frémir. Les gens éviteront bientôt de me croiser, je serai enfermé dans un asile d’aliénés où je crèverai comme une bête sauvage”.

A mon avis, cette histoire fournit la réponse à la question de savoir pourquoi les femmes russes ont captivé le coeur de génies. Le fait est qu’elles étaient idéalistes, elles méprisaient le lucre, plaçaient l’art au-dessus de tout et vénéraient le talent de ceux qu’elles aimaient. Leur comportement exalté envers leurs partenaires était une source d’inspiration pour Johann Strauss, Pablo Picasso, Henri Matisse et Salvador Dali, il les mettait en état d’extase créatrice et les rendait fous tout en les libérant.

Lorsque Salvador Dali a rencontré Gala (Elena Diakonova), elle était l’épouse du célèbre poète français Paul Eluard, mais ils sont tombés follement amoureux l’un de l’autre. Gala a crié à Salvador: tue-moi! Ce cri ne sonnait pas faux, elle confiait son destin à l’être bien-aimé et elle a vécu avec Salvador Dali jusqu’à sa mort. Elle est décédée en 1982.

Henri Matisse a également éprouvé des sentiments analogues. Ce grand peintre a dédié 90 (!) toiles à Lidia Delektorskaia, son modèle et sa compagne pour l’éternité.

L’alliance créatrice avec la muse russe a toujours été le gage de la création de chefs-d’ oeuvres.

Les toiles de Salvador Dali, de Fernand Léger et de Pablo Picasso, les recueils de Paul Eluard, les dessins d’Henri Matisse et la musique de Johann Strauss ont porté l’âme des femmes russes au ciel. A leur tour, ces femmes ont offert l’immortalité à leurs bien-aimés.
Anatoli Korolev